Bienvenue sur PsyYou, un ensemble d’articles écrits par des psychologues à destination du grand public.

Ce blog est issu du souhait de partager des idées du monde de la psychologie, de créer des échanges grâce à “une rencontre” avec des praticiens sur des sujets qui vous touchent et vous interrogent. Une rencontre car chaque texte est le fruit du travail personnel et de l’expérience d’un psychologue et porte dès lors sa signature. Vous trouverez ici une grande diversité d’approches : chaque article est l’expression d’un point de vue, d’une pratique. Nous sommes convaincus que la pluralité des approches et la dimension intégrative des pratiques nourrissent une réflexion riche et en mouvement. Nous vous invitons ainsi à explorer ces ressources avec ouverture et bienveillance, valeurs essentielles de notre réseau, que nous souhaitons prolonger et faire vivre dans ce projet avec vous.

L’objectif est ainsi de vous donner un maximum d’informations afin de faire avancer votre réflexion sur des sujets, et que vous puissiez faire des choix éclairés, concernant par exemple le type de psychologue ou de courant qui pourraient vous convenir au mieux.

Afin d’approfondir les thématiques abordées, vous trouverez des sources et des liens en bas des articles, qui sont des invitations à approfondir les thématiques abordées, ainsi que des informations sur l’auteur. Nous vous proposons de les retrouver sur leur fiche weppsy ou via leur site si vous souhaitez les contacter. Par ailleurs, comme vous le savez, ces écrits ne pourront pas répondre totalement à une problématique spécifique et personnelle, mais seront, nous l’espérons, un point de démarrage et un début d’éclairage pour vous. Aussi, rien ne remplacera un entretien avec un psychologue.

Les auteurs de PsyYou sont des psychologues cliniciens, du travail, ou chercheurs, qui travaillent dans différentes organisations telles que l’hôpital, l’entreprise, les écoles ou encore comme indépendant. Ils sont tous diplômés de l'Ecole de Psychologues Praticiens.

Vous trouverez ci-contre des catégories, qui évolueront et s’enrichiront au fil du temps, afin de pouvoir vous repérer au mieux et cibler vos recherches.

Maintenant, à vous d’explorer !

Rendez-vous chez le psychologue : un rendez-vous avec soi-même ? Le chemin vers la première séance

Roustang-Jeglot, Psychologue clinicienne-psychothérapeute)

par Astrid Roustang-Jeglot, Psychologue clinicienne-psychothérapeute
le 2020-01-14

Rendez-vous chez le psychologue : un rendez-vous avec soi-même ? Le chemin vers la première séance

Prendre la décision d’aller consulter le psychologue ne va pas toujours de soi.


A quel moment le décider? Est-ce que cela va être « utile » de parler à un étranger? Est-ce que j’en ai vraiment besoin? A quoi bon parler des choses qu’on ne peut pas changer? Comment est-ce que cela va se passer? En quoi parler va-t-il me soigner? Combien de temps cela va-t-il durer? 


 Voici quelques-unes des questions légitimes et récurrentes qui interrogent, parfois, ceux et celles que cette idée traverse.

 Souvent - et sans doute pour une majorité de personnes - consulter s’accompagne de peurs, de craintes, d’appréhensions, de doutes, d’anxiété. Ces émotions freinent voire empêchent de prendre rendez-vous ou bien d’aller jusqu’à pousser la porte du cabinet du psychologue. Si ces questions attendent bien sûr des réponses, le déferlement de questions avant un premier rendez-vous traduit, d’abord et avant tout, l’appréhension face à une situation inconnue, inédite. La grande clinicienne qu’était Françoise Dolto a fait inscrire en épitaphe sur sa tombe l’injonction « N’ayez pas peur ! », sans doute le fruit de sa longue expérience.


 Si la question « Est-ce que j’ai besoin d’aller consulter un psychologue ? » a pu se former en vous ou si quelqu’un vous l’a conseillé et que vous y repensez, c’est que cette idée résonne. L’intuition est déjà là. On se demande si l’on doit ou non la suivre.

 Il est vrai que dans nos sociétés occidentales actuelles prime la pensée spéculative, la pensée logique et rationnelle sur une pensée plus intuitive, créative et associative. C’est l’erreur de Descartes (1) qui, dans une vision dualiste, en a séparé le corps et l’esprit. Sa célèbre phrase « Je pense donc je suis » néglige la question des affects. Pourtant « la dimension humaine est d’abord et avant tout corporelle" (2). Les émotions ont toujours à voir avec le corps.

« Je ressens donc je vis » ne pourrait-il pas aujourd’hui être substitué à la phrase du philosophe?

 Ressentir, se mettre à l’écoute de ses sens… pas si simple lorsque la souffrance est présente. C’est généralement ce qui amène une personne chez le psychologue : alléger ce qui pèse dans sa vie, permettre que cesse la douleur, éclaircir ce qui est obscur.

 Pour trouver cette nouvelle place confortable dans sa vie on entend souvent en cabinet libéral « Pour que « ça » change, il faut que je comprenne ». Il existe une croyance tenace que comprendre rime avec solution. L’implacable logique cartésienne « si je comprends ce qui se passe en moi, cela va aller mieux » n’est pas toujours tout à fait exacte en ce qui concerne le processus de changement en psychothérapie. Combien ont déjà analysé ce qui se passe pour eux, fait des liens avec leur histoire ou leur vécu sans que cela ne modifie grand-chose ? Et si comprendre suffisait pour soigner, alors on pourrait se contenter de vendre des livres et des manuels explicatifs ; les thérapeutes en tous genres mettraient alors la clef sous la porte ! Ce serait surtout omettre la place du corps et des émotions en psychologie (3).

 S’il ne suffit pas seulement de comprendre, il ne s’agit pas non plus d’envisager cet espace pour uniquement déverser un mal-être ou encore se complaire dans une sempiternelle plainte (4) dont on connaît les effets pervers d’enfermement.

 Au-delà des mots prononcés et échangés, chez le psychologue clinicien, une attention particulière est portée à l’écoute du corps qui exprime et ressent, aux mots chargés d’affects. (5)


 Prendre rendez-vous avec le psychologue demande de porter attention à ces ressentis douloureux, ce qui suppose d’avoir préalablement reconnu que « ça ne va pas » et que « ça pourrait être différent ». (Le « ça » chez Freud est une instance inconsciente, le siège des pulsions, des envies, réservoir premier de l’énergie psychique).


 Cette rencontre avec son mal-être peut constituer un frein à la consultation.

Consulter est donc déjà, en soi, un acte qui engage la personne physiquement et émotionnellement.
Il est question par cette prise de rendez-vous de reconnaître qu’on ne se sent pas bien, de donner une place à cette partie en soi qui souffre, d’asseoir un désir que quelque chose change, se modifie, se transforme, sans savoir tout à fait comment s’y prendre. La présence et l’écoute d’un professionnel de santé accompagnent ce mouvement avec une distance qu’il n’est généralement pas facile d’avoir sur soi-même.


 Le rendez-vous pris est donc déjà la concrétisation d’une intuition que ce qui est vécu pourrait l’être d’une autre manière peut-être plus légèrement, plus simplement, plus tranquillement. Il inscrit un premier mouvement vers autre chose. Autre chose, c’est ce qui pose difficulté à nos esprits rationnels qui voudraient déjà savoir comment cela va se passer, est-ce que cela va bien se passer, savoir ce qui va être vécu avant de l’avoir vécu. Ces questions normales et fréquentes, témoignent de notre peur devant l’inconnu (ce que je vais ressentir, quel sera le chemin à prendre, etc…). Lors de la séance, on se livre au départ à un inconnu (le psychologue), à l’inconnu (le processus de changement), à sa part d’inconnu (ce que l’on ne connaît pas encore de soi). On y évoque ce qui est confidentiel et qui relève de l’intimité de la vie personnelle.


 Rencontrer le psychologue demande d’une part, d’accepter cette part d’inconnu, d’autre part de faire confiance à l’autre à qui l’on choisit de s’adresser et que l’on ne connaît pas. C’est-à-dire faire confiance à l’accompagnement qu’il peut apporter et à notre faculté de nous en saisir pour en bénéficier.

 Christophe Colomb, aventurier voyageur, qui découvrit l’Amérique alors qu’il croyait se trouver en Inde, nous a laissé cette phrase qui pourrait bien s’appliquer au voyage intérieur réalisé au cours d’une psychothérapie.:

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l’on va. »

 Ainsi, celui qui consulte a déjà commencé l’aventure vers un ailleurs : Pourra-t-il la poursuivre ? À quel rythme ? Pour quelle durée ? Avec quels obstacles, quelles étapes sur son chemin? C’est la question de l’engagement et de l’implication personnelle plus ou moins forte dans ce type de démarche qui se manifestera au travers d’une relation (6) qui a toute son importance. En effet, quelles que soient les approches thérapeutiques (plus ou moins conscientes), quels que soient les « outils » thérapeutiques proposés, la dynamique du changement est d’abord portée par le sujet qui vient consulter.


 Le psychologue clinicien vient accompagner une personne pour l’aider à traduire ce qu’il vit et à le traverser. Il ne suffit pas de savoir qu’il faut aller sur une autre berge, encore faut-il traverser le ruisseau, le torrent, le fleuve -plus ou moins agité- qui nous en sépare.

 Le psychologue est celui qui tend la main pour passer de l’autre côté. Encore faut-il avoir envie d’y aller, de saisir la main du psychologue. De lui faire confiance. D’en sentir toute la présence, la bienveillance et la solidité. Quand et comment allez-vous saisir cette main ? C’est à vous d’en décider. La santé est aussi un choix :

« Le bonheur ne nous est pas donné, ni le malheur imposé. Nous sommes à chaque instant à une croisée des chemins, et il nous appartient de choisir la direction à prendre » dit Matthieu Ricard.

 Consulter un psychologue est, vous l’aurez compris, sans doute moins un lieu de compréhension -même si en soi il est toujours confortable et rassurant de comprendre pour les êtres rationnels que nous sommes-, qu’un espace pour vivre une expérience relationnelle et affective, source de changement.


Alors, si cette question de consulter un psychologue vous trotte encore tête, tentez l’expérience en découvrant une nouvelle place !


Astrid ROUSTANG-JEGLOT 

Les “psys”: psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute : comment s’y retrouver ?

Raynaud de Lage, Psychologue Clinicienne)

par Claire Raynaud de Lage, Psychologue Clinicienne
le 2020-01-14

Les “psys”: psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute : comment s’y retrouver ?

 Il est déjà parfois difficile de « se faire suivre » ou « d’aller voir quelqu’un », il est souvent encore plus énigmatique de savoir vers qui se tourner. Un psychiatre ? Un psychologue ? Un psychothérapeute ? Un psychanalyste ?

Mais savons-nous bien qui est qui et à quoi sert chacun ?

 Le psychiatre est un médecin, qui a effectué des études de médecine complète. Il est spécialiste de la santé mentale, et seul praticien habilité à effectuer un diagnostic médical et à proposer une prise en charge médicale et médicamenteuse.

 Le psychologue : le titre de psychologue est un titre protégé par l’article 44 de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985, et qui depuis le décret n°2005-97 du 3 février 2005 est utilisé uniquement par des personnes titulaires d’un Master 2 de psychologie, ou d’un diplôme d’études supérieures en psychologie.

 Il existe plusieurs branches dans la psychologie dont la psychologie clinique et la psychologie du travail.

 La psychologie clinique a pour but de s’intéresser aux difficultés, aux souffrances, et aux conflits de chaque sujet, et la manière dont il parvient à vivre avec, à son histoire. Le psychologue tente d’accompagner chaque personne afin de l’aider à faire face de la meilleure manière possible aux différents événements de vie douloureux qu’elle traverse, de soutenir et d’apaiser.

 La psychologie du travail est davantage centrée sur les conduites humaines au sein de l’entreprise, et s’intéresse au couple personne-travail au sein de son environnement de travail.

 Le psychothérapeute : il peut être psychologue, mais aussi psychiatre, médecin, ou professionnel certifié par des organismes agréés, justifiant avoir validé une formation universitaire de 400 heures en psychologie clinique et de 5 mois de stage professionnel dans une structure privée ou publique agréée. Ce titre est protégé en France par le décret du 7 Mai 2012.

 La psychothérapie pourrait se définir comme la boîte à outils du soignant en santé mentale. Au sein d’une relation d’aide entre le patient et le soignant, le psychothérapeute est formé à une ou plusieurs méthodes de soins, qu’il propose à son patient afin de l’accompagner vers un mieux-être. Il existe de nombreuses psychothérapies différentes qui correspondent aux différents courants de la psychologie. Certaines d’entre elles sont décrites dans notre rubrique “Dossier”.

 Parmi les professionnels de la santé mentale, le plus connu du grand public est souvent le psychanalyste. C’est un thérapeute qui pratique la psychanalyse, qui est un des courants de pensée de la psychologie. Elle se fonde sur l’étude des phénomènes inconscients. La psychanalyse comprend deux acceptions :

  • un corpus théorique qui permet d’étudier les fonctionnements psychiques du normal au pathologique,
  • une méthode thérapeutique qui se fonde sur la parole et l’association libre du patient.

 Le titre de psychanalyste n’est pas un titre protégé. Les pré-requis essentiels pour obtenir ce titre sont d’avoir soi-même fait une cure psychanalytique (allongé sur le divan) et d’avoir suivi une formation dans le cadre d’une association psychanalytique.


Bon à savoir : Il est possible de cumuler plusieurs casquettes. Ainsi un psychiatre peut être psychothérapeute. Un psychanalyste peut aussi être psychologue. Il est donc intéressant de se renseigner pour savoir si le praticien que nous allons voir est formé à la psychothérapie, par exemple.

 En outre, il est bon de préciser que depuis quelques années maintenant, tous les étudiants de l’Ecole de Psychologues Praticiens ont le double diplôme de psychologue et de psychothérapeute, grâce aux nombreux stages effectués durant leur cursus, et aux différents cours de psychopathologie qu’ils ont l’opportunité de suivre.

 

Claire Raynaud de Lage

Linkedin


Sources :

Agence Régionale de Santé. Usage du titre de psychothérapeute. 

Légifrance. Usage du titre de psychologue. 

Légifrance. Décret fixant la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue. 


Dossier Eclairage: Qu'est-ce que l'Analyse Transactionnelle ?

Peyron, Psychologue Clinicienne)

par Ondine Peyron, Psychologue Clinicienne
le 2020-02-11

Dossier Eclairage: Qu'est-ce que l'Analyse Transactionnelle ?

 L’Analyse Transactionnelle, ou AT, est un courant de psychothérapie qui naît dans les années 70 dans le champ des thérapies dites humanistes. C’est une théorie de la communication créée par le psychiatre Eric Berne aux Etats-Unis. Ce dernier travaillait à l’hôpital en Californie et cherchait un moyen de soigner ses patients par la psychothérapie. Très inspiré par les travaux de la psychanalyse, il a décidé d’y apporter un vocabulaire plus clair, plus pragmatique et donc plus accessible à tous. Ainsi, il a développé la théorie des États du Moi. 

Il part du postulat que nous évoluons de notre naissance à notre mort avec ces trois États du Moi dans notre psychisme, qui interagissent ensemble et avec autrui. L’analyse de ces transactions permet d’observer des schémas répétitifs ou bloquants. En effet, les Etats du Moi ont un aspect complémentaire, et souvent un Enfant appelle un Parent en face dans la communication, tout comme un Parent appelle un Enfant.


Les différents États du Moi sont :

  • Le Parent : qui se réfère aux valeurs, aux règles avec lesquels nous avons grandi. Il existe deux types de Parents : tout d’abord le Parent Normatif dont la fonction est la protection et la transmission de valeurs. Il peut être positif ou négatif (lorsqu’il est dans la critique). Il y a également le Parent Nourricier ou Bienveillant qui a une fonction de permission et de soutien. Il est positif lorsqu’il encourage, négatif lorsqu’il infantilise et surprotège. 

  • L’Adulte : qui se réfère à l’ici et le maintenant dans l'environnement qui nous entoure et de nos capacités internes d’analyse et de traitement d’information.

  • L’Enfant : qui se réfère aux vécus et souvenirs de l’enfance. Cet État du Moi rejoue les désirs, les envies et peurs : ce sont les émotions qui priment. Il peut être Rebelle (dans l’opposition légitime), Adapté (qui s’adapte au contexte) ou Libre (qui est dans les émotions avant tout, naturel et intuitif).


  Voici un exemple que tout un chacun a déjà dû vivre ou observer :


Il est 18h15. Pierre rentre pour une fois avant sa compagne. Il est ravi de pouvoir se détendre dans son canapé et d’alterner entre télécommande et smartphone. Le temps passe et il prend beaucoup de plaisir à se prélasser en attendant Marie.

19h30. Sa compagne rentre ! Elle est étonnée de le voir déjà rentré. Épuisée de sa journée de travail, elle a pris le temps d’aller faire des courses pour le dîner et faire plaisir à son homme.

Pierre (détendu): Salut chérie ! Ça va ? Tu as passé une bonne journée ?

Marie (tendue) : Bah t’es déjà rentré ?!

Pierre (sur la défensive) : Wow ! Du calme !

Marie (agressive) : Comment ça du calme ?! J’ai passé une journée exténuante, je rentre des courses et tu ne me proposes même ton aide pour porter les sacs ! Tu restes affalé là comme un pacha !

Pierre (agressif, il se lève d’un bond) : Un pacha ?! Non mais tu racontes n’importe quoi ! Qui a fait les courses toute la semaine dernière et a préparé une pizza maison hier soir ??

Marie (elle craque et commence à pleurer) : On est en train de faire les comptes c’est ça ? (Elle fond en larmes) Et moi qui t’avais acheté ton dessert préféré pour ce soir…

Pierre (toujours énervé) : Voilà il faut toujours que tu te victimises !


À la base, Pierre et Marie n’avaient rien à se reprocher en apparence mais se sont quand même disputés comme à l’accoutumée et terminent chacun dans leur coin.

       Allons décortiquer tout cela “façon AT”. 


Note: EDM signifie État du Moi.

Pierre (détendu): Salut chérie ! Ça va ? Tu as passé une bonne journée ? C’est l’EDM Adulte de Pierre vers l’EDM Adulte de Marie – Pierre parle à Marie en fonction de ce qu’il est et de ce qui se passe dans l’ici et le maintenant.

Marie (tendue) : Bah t’es déjà rentré ?! EDM Parent Critique Négatif de Marie qui vise l’Enfant Adapté de Pierre.

Pierre (sur la défensive) : Wow ! Du calme ! EDM Enfant Rebelle de Pierre qui vise le Parent de Marie.

       Les transactions continuent de se croiser. Marie ne va plus répondre via son Parent mais va rentrer dans la plainte de l’Enfant en visant le Parent Nourricier de son compagnon.

Marie (agressive) : Comment ça du calme ?! J’ai passé une journée exténuante, je rentre des courses et même pas tu me proposes de l’aide pour porter les sacs ! Tu restes affalé là comme un pacha !

Le compagnon va encore prendre cette transaction comme une critique et va continuer à se défendre depuis son EDM Enfant Rebelle en visant l’EDM Parent de sa compagne.

Pierre (agressif, il se lève d’un bond) : Un pacha ?! Non mais tu racontes n’importe quoi ! Qui a fait les courses toute la semaine dernière et a préparé une pizza maison hier soir ??

Elle qui recherchait de l’attention et du soutien se sent incomprise et va chercher à attendrir/culpabiliser son compagnon depuis son EDM Enfant en visant toujours l’EDM Parent Nourricier.

Marie (elle craque et commence à pleurer) : On est en train de faire les comptes c’est ça ? (elle fond en larmes) Et moi qui t’avais acheté ton dessert préféré pour ce soir…

Sauf que ça ne fonctionne toujours pas… C’est bien le Parent qui répond mais c’est le Critique Négatif !

Pierre (dépité et impuissant) : Voilà il faut toujours que tu te victimises !



 On peut observer ici ce qu’on appelle un Jeu Psychologique. Marie a joué à « Pauvre de moi ». 

On peut imaginer que c’est un jeu familier rejoué régulièrement depuis son enfance. Pierre lui aussi a appris à jouer à ce jeu où il termine en se sentant impuissant et triste. Malgré l’issue bien connue, Marie et Pierre ne peuvent s’empêcher de jouer et rejouer à ce jeu qui pourtant leur fait du mal et vient renforcer leurs croyances négatives sur eux-mêmes. 

Pour éviter qu’une situation comme celle-ci ne se reproduise nous pourrions proposer à ce couple d’essayer de déceler l’appât qui a permis à ce jeu de se mettre en place. Ici, l’appât serait la transaction de Marie « Bah t’es déjà rentré ?! ». Ici, elle ne répond pas à la transaction directe de Pierre mais sous entend beaucoup de choses derrière cette phrase. On peut imaginer : « Pourquoi tu ne m’as pas prévenue que tu rentrais plus tôt ? – Tu sais que je n’aime pas les surprises de ce genre ! – Tu rentres plus tôt et tu ne m’aides pas ? » .

Bref on peut imaginer beaucoup de choses ! Ici pour éviter à Pierre de rentrer dans le jeu psychologique, une option aurait pu être de répondre à Marie quelque chose comme « Ta réaction vient me dire que toi, t’es tendue. Qu’est-ce qu’il se passe ? ». 

Le principe est de répondre à ce qu’il se passe dans l’instant et non aux petites lignes induites.


La thérapie en AT, en décortiquant ces jeux et ces répétitions, peut permettre au client de mettre à jour des croyances très anciennes, que l’on appelle croyances de scénario. Cette analyse l’aidera à sortir de ce scénario qui ne semble plus adapté dans sa vie d’adulte.


 Cette analyse des États du Moi, des Transactions, des Jeux et du Scénario s’effectue dans un cadre décrit dès le premier RDV avec le thérapeute. En effet, l’AT est une thérapie dite "contractuelle". Ensemble, client et psychologue établiront ensemble le cadre de leur travail : le lieu, le rythme, le coût des séances, le contrat de thérapie. La thérapie prendra fin lorsque le contrat est rempli. Ce qui n’empêche pas d’en établir de nouveaux ou même de le changer en cours de travail. Il est important de préciser la souplesse de l’espace qui est permis grâce à la parole. En effet, tout est bon à dire et est matière au travail : mettre des mots sur les pensées, les émotions et les comportements.


Pour conclure, l’Analyse transactionnelle est une psychothérapie qui peut être pratiquée en individuel, en couple et en groupe. Elle est particulièrement recommandée pour toute personne rencontrant des problématiques de type relationnelles, de place ou de conflit.
Le but de ce travail analytique en face à face, est de retrouver, comme le disait Sigmund Freud, la capacité à aimer et à travailler.


Ondine Peyron

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Sources: 

France Brécard, Laurie Hawkes, Le grand livre de l'analyse transactionnelle, Librairie Eyrolles.

Éric Berne, Que dites-vous après avoir dit bonjour ?

Éric Berne, Des jeux et des hommes.

https://www.ifat-asso.org/concepts-base/


Dossier Eclairage : Qu'est-ce que la relaxation thérapeutique ?

Roustang-Jeglot, Psychologue clinicienne-psychothérapeute)

par Astrid Roustang-Jeglot, Psychologue clinicienne-psychothérapeute
le 2020-02-18

Dossier Eclairage : Qu'est-ce que la relaxation thérapeutique ?

 Conduite par un professionnel de santé reconnu (psychologue, psychomotricien, infirmier ou médecin), cette proposition psychothérapique est généralement bien acceptée.

 Elle peut être réalisée en individuel ou en groupe. Elle convient aussi bien pour les enfants, les adolescents que les adultes ce qui en fait une pratique très intéressante.

Pratique psychothérapique transversale dans le champ de la psychologie, elle peut, selon la formation du praticien, être utilisée dans différents cadres et avec des objectifs variés.

 A côté des thérapies verbales, il s’agit d’une thérapie dite « à médiation corporelle » où il est proposé au patient de « vivre une expérience » de relaxation et de se mettre à l’écoute de ses sens. Ce premier temps est souvent suivi d’un temps de parole. 

Du soulagement d’un état de tension physique à l’amélioration de la gestion émotionnelle ou du stress quotidien, la pratique de la relaxation peut être  soit plutôt « recouvrante » en se focalisant sur le symptôme et en se concentrant sur cette tâche, ou plutôt « découvrante », en offrant toute liberté d’expression à la créativité.

L’intérêt de la relaxation thérapeutique est aussi d’offrir du temps et une attention centrée sur le corps.
Dans notre société actuelle, il n’est en effet plus fréquent ni spontané de mettre son flux de pensées en pause au profit d’une écoute bienveillante et centrée sur ce qui se passe au niveau corporel.  

 De nombreuses indications sont possibles, notamment lorsque le « corps parle ». On peut observer parfois des manifestations somatiques (troubles du sommeil, mal de dos, migraines) qui peuvent être l’expression physique d’une cause psychologique telle qu’un stress ou une angoisse non-conscientisés. “Tout va bien, pourtant je dors de moins en moins bien, je ne comprends pas”.

L’attention portée au corps lors de la relaxation permettra à la personne qui consulte de déposer ce qu’il porte en lui de souffrant tout en favorisant une reconnexion corps-esprit source d’apaisement.

 Il est à noter que toutes les relaxations qui existent ne sont pas psychothérapiques. Parmi celles qui se situent dans cette visée on a :

  • celles dont le point de départ est physiologique avec un objectif de relâchement neuromusculaire. Le modèle de référence est la relaxation progressive de Jacobson (alternance de contraction-décontraction des muscles). On peut aussi nommer ici la relaxation activo-passive de Wintrebert ou encore l’eutonie.
  • celles dont le point de départ est l’auto-concentration avec un objectif de focalisation de l’attention sur le corps. Le modèle de référence est le training autogène de Schultz plus communément nommé aujourd’hui sous le terme d’auto-hypnose. On peut ici y évoquer la relaxation méthode Bergès, la relaxation Ajuriaguerra qui se base sur le dialogue tonico-émotionnel, la relaxation analytique méthode Sapir, etc.


 Certaines relaxations psychothérapiques sont plus adaptées pour travailler avec les enfants comme la relaxation activo-passive de Wintrebert et la relaxation Bergès.

 D’autres relaxations sont dites plus "conscientes". Elles sont basées sur des exercices comme pour la relaxation de la méthode Vittoz. 

 Enfin, certaines s’intéressent aussi à ce qui est inconscient comme celle de la méthode Ajuriaguerra ou la relaxation analytique méthode Sapir.

 L’intérêt de la relaxation est globalement aussi neuro-physiologique. En effet, la littérature scientifique a mis en lumière que les activités contemplatives telles que la relaxation et la méditation permettent le renforcement de ce qu’on appelle le système nerveux parasympathique. Ce système nerveux permet de doser la réaction face à un stress.

Ainsi en pratiquant la relaxation, la personne reprend contact avec un potentiel de ressources souvent insoupçonnées dont nous sommes tous détenteur sans toujours en avoir conscience.

 Enfin, il existe d’autres pratiques de relaxation qui peuvent avoir des effets thérapeutiques sans pour autant s’inscrire dans le champ des psychothérapies. Nous n’allons pas les développer mais nous pouvons les citer rapidement : la sophrologie (souvent ce sont des sortes d’exercices à base de respiration), la méthode Fedenkreis en kinésithérapie, ou encore toutes les pratiques venant de l’orient : Taï chi, Qi Gong, Yoga nidra (relaxation profonde) Hatha Yoga avec la posture de Savasana, ou encore toutes les pratiques de méditation dont la plus en vogue chez nous - car adaptée au monde occidental par Jon Kabat-Zinn - est le Mindfulness (la pleine conscience).


Ci-dessous quelques-unes de ces associations pour vous renseigner et trouver un thérapeute :

Méthode Sapir 

Méthode Berges

Methode Vittoz

Eutonie

Méthode Ajuriaguerra

ou via weppsy ( type d'approche "Thérapie psycho-corporelle")


Astrid Roustang-Jeglot

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